L'épisode de la grippe H1N1 vient de mettre aux frontispices de l'incompétence nos soit-disant experts de l'OMS et du Ministère de la Santé.
J'emprunte à Bernard Dugué quelques extraits de son remarquable article : Pandémigate OMS H1N1: et si c'était pire que des conflits d'intérêts ? (http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/pandemigate-oms-h1n1):
"L'OMS serait-elle devenue un repaire de spécialistes incompétents venus arrondir leurs fins de mois ? La question se pose aussi pour les 17 (parait-il) experts choisis par la ministre Bachelot pour piloter la lutte anti-pandémique ….
Comment expliquer la nature de l'expert ? Un procès à charge le décrira comme un individu obtus, zélé, psychorigide, carriériste, réfléchissant le nez sur le guidon, opportuniste…(Ce sont des) professionnels qui ont raté leur dessein, ne se sont pas signalés par des talents démesurés et ont choisi la voie administrative pour gagner du galon."
Enfin, je citerai :"Ces élites fermées dans leur petit univers professionnel spécialisé, (sont) inaptes à comprendre comment la société
fonctionne et à se mettre dans la peau d'un individu ordinaire." Fermez le ban !….
Quel rapport entre cette pitoyable mascarade de la grippe H1N1 et Sahambala, association humanitaire oeuvrant à Madagascar ?
Et bien, ce sont ces mêmes "élites" qui ont décidé d'imposer la loi des Médicaments Non Utilisés (MNU) en vigueur depuis le 1er janvier 2009 !
Ce sont ces fonctionnaires obtus et incompétents qui, au nom d'un principe sibyllin de collaboration efficace avec les pays en voie de développement empêchent les organisations humanitaires de travailler en toute sérénité.
A moins que derrière tout cela, du moins à l'échelon français, se profile la suspicion de gain pour les caisses de l'Etat : en effet, les
médicaments vendus en officine ne peuvent être réutilisés, et les associations humanitaires doivent acheter ces mêmes médicaments auprès de centrales d'achat. Double manne financière pour l'Etat
! Ajoutez à cela la taxe sur les déchets incinérés (notamment les médicaments détruits) et vous comprendrez aisément que le dessein de certains n'est pas la sécurité pharmacologique mais bien la
performance fiscale !
J'ai reçu, du Directeur de cabinet de Madame la Ministre de la Santé, le 17 décembre, réponse à mon courrier concernant les MNU (adressé le…02 février !…vous apprécierez la célérité !).
Ce courrier reprend, bien évidemment, les mêmes antiennes que celles adressées aux députés de notre département à qui Mme Bachelot avait répondu personnellement, à la suite de mon interpellation.
Je ne peux résister au plaisir de vous livrer les raisons de cette décision :
"L'interdiction de la réutilisation des MNU a été rendue nécessaire par le danger potentiel que constitue les MNU exportés par les
associations humanitaires, principalement en raison de leur inadaptation fréquente aux besoins, du risque de détournement qu'ils présentent, et de l'obstacle qu'ils peuvent constituer à la mise
des politiques nationales de santé dans les pays en voie de développement. Elle est également motivée par l'absence de garantie de bonne conservation dès lors qu'il y a sortie du circuit
pharmaceutique."
Ce sont donc ces experts qui décident que, hors de nos cabinets médicaux où nous oeuvrons en (quasi) impunité pour le bien de la population hexagonale, nous devenons, dans les pays en voie de développement, de dangereux praticiens ne sachant adapter leur thérapeutique aux besoins sanitaires des populations consultées!
Ce sont encore ces experts qui affirment, sans rire, que le risque de détournement existe quand les médicaments sont obtenus et prescrits gratuitement, mais que (et c'est ce que cela sous-entend) ce risque n'existera plus dès lors que nous les achèterons ! Ou la rédemption des trafiquants par la grâce des fonctionnaires français…..
Ce sont enfin ces experts qui décrètent que nous interférons sur les politiques de santé des pays en voie de développement, sans se douter un
seul instant que ces politiques de santé ne sont certainement pas le souci principal de ces pays en grande détresse financière, sociale et politique !
Susceptible, je prendrais ces affirmations pour une insulte vulgaire à notre dévouement et à notre engagement professionnel….
Pragmatique, je les prends pour une incompétence criante de ces experts, qui finalement, ne méritent que le mépris; leur pouvoir de nuisance est inversement proportionnel à leur compétence.
Sahambala continuera, en dépit des difficultés, car ces mesures, qui révoltent tous ceux à qui nous en faisons part, nous renforcent dans
notre volonté d'oeuvrer sans l'appui des pouvoirs publics !
Esculape
