Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 16:24

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L'épisode de la grippe H1N1 vient de mettre aux frontispices de l'incompétence nos soit-disant experts de l'OMS et du Ministère de la Santé.

J'emprunte à Bernard Dugué quelques extraits de son remarquable article : Pandémigate OMS H1N1: et si c'était pire que des conflits d'intérêts ? (http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/pandemigate-oms-h1n1):

"L'OMS serait-elle devenue un repaire de spécialistes incompétents venus arrondir leurs fins de mois ? La question se pose aussi pour les 17 (parait-il) experts choisis par la ministre Bachelot pour piloter la lutte anti-pandémique ….

Comment expliquer la nature de l'expert ? Un procès à charge le décrira comme un individu obtus, zélé, psychorigide, carriériste, réfléchissant le nez sur le guidon, opportuniste…(Ce sont des) professionnels qui ont raté leur dessein, ne se sont pas signalés par des talents démesurés et ont choisi la voie administrative pour gagner du galon."

Enfin, je citerai :"Ces élites fermées dans leur petit univers professionnel spécialisé, (sont) inaptes à comprendre comment la société fonctionne et à se mettre dans la peau d'un individu ordinaire." Fermez le ban !….
 

Quel rapport entre cette pitoyable mascarade de la grippe H1N1 et Sahambala, association humanitaire oeuvrant à Madagascar ?

Et bien, ce sont ces mêmes "élites" qui ont décidé d'imposer la loi des Médicaments Non Utilisés (MNU) en vigueur depuis le 1er janvier 2009 !

Ce sont ces fonctionnaires obtus et incompétents qui, au nom d'un principe sibyllin de collaboration efficace avec les pays en voie de développement empêchent les organisations humanitaires de travailler en toute sérénité.

A moins que derrière tout cela, du moins à l'échelon français, se profile la suspicion de gain pour les caisses de l'Etat : en effet, les médicaments vendus en officine ne peuvent être réutilisés, et les associations humanitaires doivent acheter ces mêmes médicaments auprès de centrales d'achat. Double manne financière pour l'Etat ! Ajoutez à cela la taxe sur les déchets incinérés (notamment les médicaments détruits) et vous comprendrez aisément que le dessein de certains n'est pas la sécurité pharmacologique mais bien la performance fiscale !
 

J'ai reçu, du Directeur de cabinet de Madame la Ministre de la Santé, le 17 décembre, réponse à mon courrier concernant les MNU (adressé le…02 février !…vous apprécierez la célérité !).

Ce courrier reprend, bien évidemment, les mêmes antiennes que celles adressées aux députés de notre département à qui Mme Bachelot avait répondu personnellement, à la suite de mon interpellation.

Je ne peux résister au plaisir de vous livrer les raisons de cette décision : 

"L'interdiction de la réutilisation des MNU a été rendue nécessaire par le danger potentiel que constitue les MNU exportés par les associations humanitaires, principalement en raison de leur inadaptation fréquente aux besoins, du risque de détournement qu'ils présentent, et de l'obstacle qu'ils peuvent constituer à la mise des politiques nationales de santé dans les pays en voie de développement. Elle est également motivée par l'absence de garantie de bonne conservation dès lors qu'il y a sortie du circuit pharmaceutique."
 

Ce sont donc ces experts qui décident que, hors de nos cabinets médicaux où nous oeuvrons en (quasi) impunité pour le bien de la population hexagonale, nous devenons, dans les pays en voie de développement, de dangereux praticiens ne sachant adapter leur thérapeutique aux besoins sanitaires des populations consultées! 

Ce sont encore ces experts qui affirment, sans rire, que le risque de détournement existe quand les médicaments sont obtenus et prescrits gratuitement, mais que (et c'est ce que cela sous-entend) ce risque n'existera plus dès lors que nous les achèterons ! Ou la rédemption des trafiquants par la grâce des fonctionnaires français…..

Ce sont enfin ces experts qui décrètent que nous interférons sur les politiques de santé des pays en voie de développement, sans se douter un seul instant que ces politiques de santé ne sont certainement pas le souci principal de ces pays en grande détresse financière, sociale et politique !
 

Susceptible, je prendrais ces affirmations pour une insulte vulgaire à notre dévouement et à notre engagement professionnel….

Pragmatique, je les prends pour une incompétence criante de ces experts, qui finalement, ne méritent que le mépris; leur pouvoir de nuisance est inversement proportionnel à leur compétence. 



Sahambala continuera, en dépit des difficultés, car ces mesures, qui révoltent tous ceux à qui nous en faisons part, nous renforcent dans notre volonté d'oeuvrer sans l'appui des pouvoirs publics !

Esculape 


Par Esculape
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 19:57
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Notre ami Dominique JAGU, chirurgien-dentiste, qui participe depuis de nombreuses années à des missions humanitaires à Madagascar, m’a fait parvenir un petit entrefilet paru dans une revue dentaire.

A l’heure de la gabegie orchestrée de main de maître par notre Ministre de la Santé pour la « grippette A », il n’est pas inutile de lire ce que précise cet article :

"D’après un rapport de la Direction Générale de la Santé, les français dépensent pour 504 Euros de médicaments annuellement, avec un grand gaspillage et de nombreux médicaments finissant dans les armoires ou dans les poubelles....

On estime que près d’un médicament sur deux n’est pas consommé !"

 

Ces médicaments qui pouvaient être récupérés par le pharmacien, et utilisés par les associations humanitaires sont maintenant détruits.

 

Nous n’avons de cesse de répéter, à SAHAMBALA 28, qu’il s’agit d’une véritable honte et d’un camouflet pour les pauvres des pays en grande détresse sanitaire.

 

Et pendant ce temps, notre chère (dans tous les sens du terme !) Ministre de la Santé dilapide les fonds publics avec ses stocks inconsidérés de vaccins, ses réserves indécentes de Tamiflu*, et nous prouve tous les jours l’impéritie de SA campagne de vaccination !

 

Quant aux pauvres, ils continueront à mourir par défaut de soins de vraies maladies facilement curables par des traitements appropriés et souvent peu onéreux !

 

 

ESCULAPE
Décembre 2009

Par Esculape
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 13:44

Lors de la (re)découverte de l’Isalo (région Sud de Madagascar), nous avons rencontré Nathalie et Pierre qui nous ont fait connaître l’existence de « SAHAMBALA 28 ».

L’objet de cette association est « le développement de l’hygiène et la dispensation de soins dans les villages de brousse sur la côte Est de Madagascar ».

Originaires de Madagascar, mais vivant en France depuis quelques décennies, nous étions tout simplement émerveillés d’écouter et d’échanger quelques réflexions avec ces deux grands voyageurs. Nous avons ainsi pris connaissance de l’action de l’association qui s’efforce d’intervenir dans les coins les plus reculés de Madagascar où sévissent plusieurs formes de maladies tropicales. Des actions d’éducation et de soins accompagnent systématiquement ces interventions.

En écoutant attentivement Nathalie et Pierre parler des difficultés qu’ils ont rencontrées lors de leurs interventions, nous étions amenés à réfléchir sur nos propres actions car nous éprouvons également des difficultés à mener un projet à terme et/ou à le pérenniser. Les réflexions que nous avons menées sur les causes de ces difficultés nous font émettre l’hypothèse que nous avons négligée de considérer le sujet malgache dans sa singularité. Le sujet malgache est complexe car chacune de ses actions résultent d’un compromis entre ses croyances, sa tradition et la modernité.

 

Malgache, d’où viens-tu ? Qui es-tu ?

 

La réponse à ces questions est aussi complexe. N’oublions pas que Madagascar est une île,et de ce fait le peuple malgache est un brassage de différents migrants venus de divers horizons (malayo-polynésien, arabo-africain) durant des siècles successifs. De plus, l’arrivée des missionnaires de « tout bord » venus répandre la religion ainsi que la colonisation, a donné une empreinte chrétienne et francophone à ce pays.

Ces différentes causes nous interpellent quand il s’agit de parler du sujet malgache. Il n’est pas commode de dresser rapidement les spécificités du peuple malgache car du Nord au Sud les habitudes et les coutumes n’ont pas les mêmes fondements. La « multiculturalité » et les interrelations entre la croyance, la religion et la tradition expliquent en partie cette diversité.

Pour tenter de mieux cerner cette problématique, nous serons tentés de voir du côté de la psychanalyse : « C’est d’après ce que dit le sujet qu’il est possible de distinguer ce qui est en lui l’héritage vivant de la culture de son peuple et ce qui ne l’est pas » (Parin, Morgenthler et Parin-Matthey, « Les blancs parlent trop », 1966 Paris, Payot)

 

Les difficultés d’intervention à Madagascar

 

Toutes actions sociale, médicale et/ou médico-sociale que nous essayons d’entreprendre dans les pays du tiers-monde nous imposent à tous une attention particulière.

En dehors de nos propres compétences requises dans la réalisation de ces missions, il nous est indispensable d’avoir un minimum d’informations sur les spécificités économiques, sociologiques et culturelles du pays où nous allons intervenir.

Comme nous l’avons souligné auparavant, Madagascar baigne totalement dans cette multiculturalité où se mêlent la religion, les traditions et la modernité. Dans ce contexte, chaque intervenant ne pourra faire l’impasse d’une connaissance, aussi minime soit-elle, des fondements et des cultures de l’autre. Nous ne pouvons pas nous lancer dans nos aventures avec nos batteries de savoir, de compétences, de sentiment de toute puissance et même avec toute notre générosité, sans jamais nous interroger sur les attentes des gens chez qui nous allons intervenir.

Notre éducation, nos pratiques et nos cultures occidentales nous ont formaté à répondre au dictat de la réussite et de l’efficacité immédiates. Nous faisons souvent l’impasse d’une réflexion sur les spécificités culturelles (croyance, éducation, rapport au temps..) du sujet, et c’est après divers échecs que nous sommes amenés à nous remettre en question.

Au début de nos actions, nous sommes souvent gênés par la quasi-absence de données concernant le lieu, le contexte social et surtout le manque cruel d’informations sur l’éducation et la culture d’origine de la population pour qui nous souhaitons intervenir. Cela ne doit pas être considéré comme un obstacle insurmontable. Nous comblerons ces lacunes par des tâtonnements et par l’effort que nous aurons à fournir pour nous rapprocher de cette population afin der rechercher au plus vite des valeurs communes (culture, éducation, voire croyance même).

Ce travail nécessite beaucoup de persévérance, beaucoup de dialogue, beaucoup d’abnégation. Il ne s’agit pas, pour chacun de nous, de camper sur nos propres certitudes ni de nous contenter d’une seule démarche. Au contraire, le dialogue et les échanges nous amèneront à nous poser des questions sur nos propres fonctionnements, sur notre propre efficacité. C’est à travers les échanges que naîtra un ensemble de sensibilités, d’approches, de méthodes de travail qui constituerait un avantage certain.

 

 

En revenant sur les actions de SAHAMBALA 28, l’approche de la biomédecine dans le système sanitaire en milieu rural de la côte Est de Madagascar pourrait tenir compte de la signification socioculturelle de la maladie et des formes thérapeutiques préexistantes. La tâche première serait de mettre en évidence les similitudes dans la recherche de la guérison. En identifiant ces valeurs communes et en essayant de convaincre les différents protagonistes que ces valeurs font partie intégrante de leur propre éducation et de leur culture, nous pourrons inciter ces personnes à coopérer étroitement avec nous et à devenir acteur de leur propre changement.

Par la suite, nous pourrions amener des précisions sur les méthodes et la recherche de l’efficacité dans la biomédecine afin que le médecin français « blanc » ne soit pas considéré comme un magicien. Cette approche permettrait de mieux accompagner ces patients partagés entre les conceptions traditionnelles et modernes de la maladie.

 

 

 

En conclusion, la diversité culturelle semble être un obstacle à la réussite de nos actions. Nous pensons que la création d’une grille de compréhension de cette diversité culturelle, la mise en évidence des points communs que l’on trouve dans toute civilisation et l’identification des valeurs communes existantes entre eux et nous, constitueraient un ensemble d’outils. Ces outils peuvent favoriser une remise en question de notre propre mode de fonctionnement, et nous permettre, par la suite, une meilleure intervention pour rendre nos actions plus pertinentes et pérennes.

 

Edmond RAJAONA

                                                                Psychologue Chargé d'enseignement à la Faculté de Toulouse 

 

Par Esculape
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Dimanche 13 septembre 2009 7 13 /09 /Sep /2009 09:24



Depuis le 1er janvier 2009, il est interdit aux organisations humanitaires de collecter les médicaments non utilisés (MNU) auprès des patients ou des pharmaciens.
Madame Bachelot, s'appuyant sur des recommandations européennes a décidé de fermer cette porte d'approvisionnement , qui nous permettait de soigner gratuitement les plus démunis des pays en grande difficulté sanitaire.
Par l'intermédiaire des députés de mon département, j'ai interpellé Madame la Ministre de la Santé.
Ses réponses sont le reflet même de l'incompétence de certains décideurs et de leur méconnaissance profonde de l'action humanitaire, eux qui sont si bien retranchés derrière les ors de leurs ministères !
En effet, que nous dit Madame la Ministre ? Qu'il y a :
1-  Inadaptation fréquente aux besoins;
2- Risque de rupture de la chaîne pharmaceutique;
3- Risque de détournement;
4- Enfin, obstacle à la mise en place de politiques nationales de santé.

S'il ne s'agissait pas de vies humaines, tout celà prêterait à sourire.
En effet, de telles inepties relèvent de Guignol !
Mais nous parlons de populations en grande misère sanitaire, et là, nous ne rions plus !

1- Que signifie "inadaptation aux besoins " ? Que le Paracétamol est justifié pour nos petits bobos d'occidentaux, mais qu'il est inutile chez un malgache qui "trime" comme une bête de somme pour un salaire de misère ?
2- Que signifie "risque de rupture de la chaîne pharmaceutique", alors que notre métier est justement de maîtriser le circuit du médicament de A à Z, de sa collecte à sa distribution gratuite après examen médical ?
3- Que signifie "risque de détournement" ? Que les professionnels de santé qui investissent leur temps et leur argent dans ces missions sont de vulgaires voyous ?
4- Que signifie "politique nationale de santé" de ces pays en perfusion sanitaire constante, dont les finances sont en faillite et dont la politique de santé n'est certainement pas une priorité ?

Que propose Madame Bachelot alors ?
Rien moins que des ...subventions publiques pour acheter des médicaments que nous obtenions gratuitement !....Ou comment gaspiller l'argent du contribuable !
Comme si celà gommait automatiquement tous les problèmes posés.
Ubu Roi !

Nous continuerons malgré tout à oeuvrer pour les plus démunis, dans des conditions plus difficiles d'approvisionnement en médicaments et matériel médical.
Mais notre association se refuse à quémander le moindre euro d'argent public.
Et si le but avoué de cette loi était d'étouffer les petites associations qui oeuvrent dans l'ombre, au même titre que les grandes ONG largement subventionnées et médiatisées, l'objectif est raté, du moins pour Sahambala 28 !


Esculape

septembre 2009

Par Esculape
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